"Oh, oh réveil"
Christophe me secoue.
Je me suis endormis dans le fauteuil en face de la télé. Ma tête me fait mal, et ma bouche à comme un relent de vomit. J'ouvre les yeux et c'est pire. La lumière m'éblouis.

"Putain Chris, un peu de délicatesse"

Je me lève et tout tourne. Je retombe dans le fauteuil.

"Non la ça vas pas, il faut soigner le mal par le mal, il te reste du whisky ?
- Y'en avais hier soir, mais on a tout sifflé.
- T'as rien d'autre ?
- Un reste de rhum.
- Ca fera l'affaire"
J'avale une rasade, mon estomac se tord comme s'il voulait quitter mon corps, et le goût de degueulis dans ma bouche se renforce. J'attends une minute et les choses se remettent plutôt en place.
"Il est quelle heure,
- Midi
- Merde, déjà ! T'as de quoi bouffer ?
- Ben non !"

Bon je mangerais plus tard. Je pue, ça fait au moins trois jours que je ne me suis pas lavé. Si le gentil garçon me voyais.
J'allume la télé, c'est les informations qui ronronnent leur flot de mauvaises nouvelles.
Tout d'un coup le présentateur annonce une nouvelle qui réussi a atteindre mon cerveaux.

"Et maintenant Marseille. Peut être le début d'une nouvelle guerre des gangs !
Hier soir, dans un restaurant Omar Heyfred, bien connus des services de police, s'est fait abattre d'une balle en pleine tête.
D'après le syndicat "Police Devoir", il s'agit bien d'une exécution perpétrée par un professionnel."
Suit une interview d'une sorte d'obèse blondasse abièré qui explique comment tout était tellement préparé que "C'est sur ! C'est le début d'une guerre des gangs ...".

Christophe me regarde et souris, "C'est bien fait pour ce con !
- Dit pas ça, après ce qui s'est passé hier soir, les flics vont débarquer et nous faire chier.
- Ouais, mais on a passé la soirée ici...
- Toi oui, mais pas moi."

Il me regarde et son sourire tuméfié se fige.
"Mais t'es niais en plein ! C'est pas possible. Mais y'a quelque chose dans ta tête ?
Un tic nerveux fait trembler sa jambe. C'est son point faible depuis sa sclérose en plaque."

Il me dévisage consterné comme s'il me voyait pour la première fois.
"Tu avais salement morflé, et sur le coup j'ai pas réfléchis. C'est comme pour les moustiques. Ils t'emmerdent et tu les tues sans réfléchir plus loin.
- Mais combien de fois je t'ai dit que je ne voulais pas avoir de rapports avec la vie de mon père ?
COMBIEN DE FOIS JE TE L'AI DIT !!"

C'est le moment que choisis ma gueule de bois pour repasser à l'attaque et sa voix résonne douloureusement dans mon crane.
"OK, OK j'ai fait une connerie et maintenant que je suis clean, je m'en rends compte, mais c'est trop tard"
Chris ouvre la bouche, mais aucun son n'en sort.
La sonnette résonne.
DRING DRING, DRING DRING, DRING DRING, DRING DRING !

Je pense "Merde les flics" et le regard de Christophe me confirme qu'il pense comme moi.

Nous restons sans bouger un moment, puis j'ouvre la porte...