Mexico Valdez

Est un salaud ! Et alors ?

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mardi 1 juillet 2014

Le monde tel qu'il n'est plus (J'ai rencontré le Docteur, hélas !)

Le TardisN'avez-vous pas l'impression que le monde dans lequel vous vivez est plus pourri que ce qu’il devrait être ?

Pour moi ce n'est pas une impression, c'est une certitude. En fait le monde dans lequel nous vivons n'a pas toujours été comme ça. Il y a seulement deux semaines en arrière, les choses étaient bien différentes. Bien sûr je n'imagine pas que vous puissiez me croire, mais c'est la vérité. Il faut que je me dépêche de la raconter, car elle commence déjà à quitter ma mémoire.

Tout ceci est de ma faute, si je n'avais pas été un fan acharné du Doctor Who, le monde serait probablement tel qu'il était.

J'avais manqué la diffusion de deux épisodes de la série. N'ayant pas d'amis qui l’auraient enregistré, je décidais de les chercher sur Internet.

C'est comme ça que je fis la connaissance du Site Des Pirates. Ce site situé en Russie, proposait de télécharger des centaines de milliers d'épisodes de séries télévisées. Jusqu'à présent, j'avais toujours hésité à m'adonner à ce genre d'activité. Mais mon envie de voir les épisodes manquants était plus forte que mes scrupules.

Je me connectais donc sur le site du SDP et cherchait mes épisodes. Ils y étaient, avec d'autres. Pour les récupérer, je devais télécharger un logiciel appelé « Le Zèbre ». C'est un logiciel dit de peer-to-peer, qui permet aux utilisateurs de partager entre eux des fichiers.

Une fois mon « Zèbre » installé, j'ai pu récupérer mes épisodes. Tout aurait été pour le mieux dans le meilleur des mondes, si la curiosité ne m'avait pas saisi. En effet la France, diffuse les épisodes du Docteur avec près d'un an de décalage. La tentation était grande pour moi, de regarder les épisodes déjà diffusés dans d'autres pays. C'est comme ça que je finis en quelques jours de regarder la saison de ma série préférée.

Tout aurait été pour le mieux dans le meilleur des mondes, si je n'avais pas été si impatient de voir la suite. Malheureusement, tel n'était pas le cas. J'avais goûté à la possibilité d'accéder à des épisodes qui n'avaient pas été diffusés en France et comme un inconscient que j'étais, je décidais d'en profiter. Ainsi, je récupérais tous les épisodes existants en quelques jours.

Obnubilé par la facilité de la nouvelle activité, je me retrouvais comme un drogué en manque contraint de devoir attendre encore une année entière avant de pouvoir voir la suite. En consultant des forums de discussion, j'appris que la production avait décidé de faire patienter les fans en mettant sur Internet de cours épisodes qui, mis bout à bout, formaient une histoire de transition entre la fin de la saison et le début de la prochaine.

Malheureusement, je ne trouvais pas ces webisodes sur le site du SDP. Mon appétit était tel, que je décidais d'utiliser la fonction de recherche intégrée du « Zèbre ». Plusieurs jours d'affilée mes recherches furent infructueuses. J'essayais différentes variations de la recherche pour trouver ces épisodes inédits.
Malheureusement, je ne trouvais rien.

Un soir en désespoir de cause, j'eus l'idée de taper la recherche suivante : « Docteur Who saison quatre » en considérant que ces webisodes était peut-être numérotés comme appartenant à la prochaine saison, la quatrième de la série.

Quelle ne fut pas ma stupéfaction de découvrir une saison entière, c'est-à-dire 13 épisodes, en réponse à ma demande. Sur le coup, je pensais qu'il devait s'agir d'une erreur, mais comme récupérer ces épisodes était gratuit, je décidais de télécharger le premier.

Une fois l'épisode téléchargé, j'eus la surprise de découvrir que c’était non seulement un épisode de Doctor Who, qu'il était inédit mais en plus en français. Je fis des recherches sur les forums pour m'assurer que le tournage de la saison quatre n'avait pas encore commencé et pour savoir si une chaîne francophone n'avait pas commandé des épisodes spéciaux. La réponse à cette question fut négative.

J'aurais dû me douter qu'il y avait là quelque chose de complètement anormal, mais toute ma joie de fan, je tirais plutôt une vanité stupide à l'idée de posséder un épisode que personne n'avait vu. Tout à ma compulsion, je décidais de récupérer tous les autres épisodes inédits.

Déjà à ce moment, j'aurais pu m'apercevoir de ce qui se passait autour de moi. En effet au fur et à mesure que je regardais les épisodes, mon environnement proche se modifiait. Ainsi lendemain matin après avoir regardé le troisième épisode, j'eus la surprise de voir mon épouse sortir de la salle de bains avec une longue chevelure lui descendant au niveau des fesses, elle qui portait les cheveux courts depuis 10 ans. Quand je lui en fis la remarque, elle me regarda en ayant l'air de ne pas comprendre. Elle m'affirma que cela faisait déjà plusieurs années qu'elle avait laissé pousser ses cheveux. Après le cinquième épisode, je découvris en sortant de mon appartement que celui-ci était maintenant doté d'une terrasse. Quand j'en parlais à ma femme, elle me regarda l'air étonné et me dit que le propriétaire avait fait construire cette terrasse l'été dernier.

Je mis ces changements mineurs sur le compte de la fatigue, car j'étais devenu entre-temps un membre actif du SCP. Et je passais mes nuits sur ses forums de discussion.

Si j'avais pu m'arrêter à ce moment-là !

Je n'ai jamais rien fait de ma vie, et le fait d'avoir ces épisodes inédits me donnait l'impression d'être un être à part. Sur le Site Des Pirates, la tradition veut que celui qui met à la disposition de la communauté des épisodes puisse ajouter son nom après le titre de l'épisode. Je vis dans cette manière de procéder une opportunité de laisser ma marque. Et c'est ainsi que je rendis publique ma découverte.

Hélas, les changements qui m'avaient affectés furent proportionnels au nombre de personnes qui regardaient ces épisodes. C'est ainsi que je vis peu à peu le monde se modifier sous mes yeux.

Le premier grand changement fut la disparition des Zeppelins. Je m'en rappelle bien il y a seulement deux semaines, le ciel était traversé par de nombreux dirigeables. Les avions étaient très peu utilisés en raison de leur faible rendement énergétique. J'ai fait quelques recherches sur Internet. Le décrochage a eu lieu le 6 mai 1937, la catastrophe du Hindenburg n'avait jamais eu lieu. Elle fut évitée de peu l'équipe technique ayant détecté à temps la fuite d'hydrogène. Après la seconde guerre mondiale, les dirigeables devinrent le mode de transport préféré pour les grandes charges et les déplacements longues distances sous forme de croisière. Le train se consacra principalement au transport des voyageurs et le camion ne fut utilisé que sur de courtes distances pour la distribution finale des biens.

Mais le plus grand changement eu que quelques jours après j’eus libéré le dernier épisode. Je rentrai chez moi quand j’aperçus un gros titre à l'étal du marchand de journaux. Il était fait allusion aux inondations de 2002 en Camargue. Je découvris ainsi que j'habitais maintenant dans une zone inondable. Ce qui n'avait jamais été le cas. En faisant quelques recherches, je m'aperçus que la terre était sous la menace d'un problème écologique majeur, le réchauffement climatique. Quelques semaines plus tôt, le réchauffement climatique, l'épuisement des ressources pétrolifères, n'étaient que des fantasmes d'écrivains de science-fiction.

Cette découverte ne laissait abattu. Qu'avais-je fait ? J’avais précipité l'humanité dans un monde atroce.

Dans mon monde, le modèle de développement économique avait été beaucoup plus harmonieux. L'emploi quasi généralisé des dirigeables pour les transports ainsi que la recherche de l'efficacité énergétique aussi bien dans les transports que dans les habitations avait modelé un monde différent. Ceci était sans doute dû au fait que l'Europe s'était trouvée sous blocus lors de la seconde guerre mondiale qui avait duré plus de 15 ans. Sous cette pression, la mise en oeuvre de biocarburants des énergies renouvelables, et le développement des transports en commun avaient été une priorité. À l'issue de la guerre, les Américains n'étaient pas intervenus avec un plan Marchal. Les Européens avaient bien été obligés de reconstruire leur monde à l'économie.

Écrasé en ma responsabilité, je restais plusieurs jours prostré, indifférent au monde qui m'entourait.

Alors que j'étais perdu dans mes pensées, j'entendis un vrombissement quasi irréel venant de ma terrasse. Pourtant ce son ne m'était pas inconnu, l'étrangeté de la situation me fit réagir et je me décidai à me lever et à ouvrir la porte pour voir ce qui se passait.

Quelle ne fut pas ma surprise de voir apparaître le TARDIS. Exactement comme dans ma série préférée. Je fus à ce moment-là certain d'avoir touché le fond de la folie. Car quelle personne saine d'esprit pourrait croire que de telles choses existent. Décidant d'en avoir le coeur net je me dirigeais vers la fameuse Blue Box. Je frappais à la porte, et quelle ne fut pas ma surprise de voir le Docteur m’ouvrir.
Il me regarda de haut en bas et me dit laconiquement « Ah, vous voilà vous ! On peut vraiment dire que vous avez flanqué un beau bordel. » . Puis sans un autre regard ni aucune parole, il rentra dans mon logement et se mit au clavier de mon ordinateur. Il sortit de sa poche son fameux « tournevis » qu'il dirigea vers l'unité centrale et se mit à taper une série de commandes en marmonnant d'une manière inaudible. Je ne saisis que quelques mots au passage : « toujours comme ça, nettoyage, toujours moi, réalité ».

Aussi soudainement qu'il était apparu, il se tourna vers moi avec un grand sourire.
« Et à part ça, comment ça va ? Heureusement que je vous ai retrouvé à temps. »
Revenant de ma stupéfaction, j'engageais la conversation avec lui :

  • Pourriez-vous m'expliquer ce que vous faites ici. Et d'abord qui êtes-vous ?
  • Ce que je fais ici, c'est bien simple je viens réparer vos bêtises. Quant à qui je suis, cela me semble évident.
  • Comme si vous voulez me faire croire que le Docteur Who existe réellement.
  • Cartésianisme intéressant de la part d'une personne ayant réussi à télécharger des épisodes d'une série télévisée qui n'ont pas encore été tournés. Puis qui s'est rendu compte des changements induits sur le continuum espace temps, mais n'a pas jugé bon de s'arrêter.

Bien évidemment je ne suis pas le Docteur, et mon vaisseau n'est pas le TARDIS. On va dire pour simplifier que j'appartiens à un organisme de régulation de l'espace temps. Et si je vous apparais aujourd'hui sous cette forme, c'est uniquement dû à la limite de vos perceptions. Vos yeux voient quelque chose, mais votre cerveau est incapable de l'interpréter et il choisit donc en dernier recours une métaphore qui est la plus proche.

Puis il se tourne vers moi avec un grand sourire :

  • C'est d'ailleurs assez comique de penser que je vous apparais sous la forme du personnage qui a déclenché tout ça.
  • Mais pouvez-vous m'expliquer ce qui s'est passé ?
  • Pour une raison qui nous échappe, votre ordinateur a pu rentrer en connexion sur un espace Internet d'une dimension parallèle. Comme vous le savez très certainement, l'information et l'énergie ne font qu'un. Aussi lorsque vous avez consommé l'information en visionnant ces épisodes, une quantité d'énergie de leur univers d'origine s'est déplacée dans le vôtre, entraînant des modifications de ce que vous appelez la réalité. Tout aurait pu s'arrêter là, mais vous les avez diffusés à grande échelle et la quantité d'énergie est directement proportionnelle au nombre de personnes qui ont regardé ces émissions. D'après nos estimations, nous en sommes déjà à plusieurs dizaines de milliers de personnes impliquées dans le processus.
  • Et qu'avez-vous fait avec mon ordinateur ?
  • J'ai simplement injecté un virus dans l'Internet qui se chargera de faire disparaître toutes les copies sur toutes les machines du monde. Bientôt, plus personne ne se rappellera les avoir visionnés.
  • Et pourquoi êtes-vous venu chez moi, vous auriez pu faire ça depuis n'importe quel ordinateur.
  • Pas vraiment, car pour être totalement efficace le virus doit partir de la source de contamination.
  • Moi aussi je vais oublier ce qui s'est passé ?
  • Ce n'est pas certain, car d'une certaine manière vous avait préexisté aux changements et je ne sais pas si l'annulation de l'énergie sera totale. Par contre ce que je peux vous dire c'est que les changements apportés à votre monde sont irréversibles.


Le Docteur me regarde l'air gêné, puis il se lève et retourne au TARDIS. Au moment d'y entrer, il me fait un petit signe de la main pour me dire au revoir. Puis la Blue Box disparaît dans son bruit caractéristique. Cette scène s'est passée il y a déjà une semaine, pour l'instant je n'ai pas oublié le déroulement des événements, malheureusement. Je suis rongé de culpabilité pour ce que je vous ai fait. Heureusement, je ne risque pas grand-chose car toutes les traces ont disparu.
Pardonnez-moi.



Publié originalement le 15 Novembre 2007 ici...

lundi 5 décembre 2011

Paradox du 4 Décembre 2011

Nous recevions le duo lounge "Version Acoustique" deux p'tits gars pas si innocents qu'ils en on l'air.

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vendredi 14 décembre 2007

Le Noël de Lina et Aziz

Marseille, le 25 décembre il y a quelques années.

Il fait froid sur Marseille en cette fin de journée. Le 25 décembre, Noël. Lina marche sans but sur la Canebière. Mauvaise journée pour elle. Deux ans déjà qu’elle est séparée de ses enfants. Dieu comme ils lui manquent. Une de ces journées pourries où la douleur est plus intense, Noël, leurs anniversaires, leurs fêtes et le jour de leur « départ ».
Non en ce 25 décembre, Lina n’a pas le moral. Elle marche, perdue dans ses pensées, elle marche, pour ne pas devenir folle de douleur et de solitude.

Elle s’immobilise devant le carrousel sur la place du Général De Gaulle et regarde les enfants tourner sur les chevaux de bois. Son esprit vagabonde vers ses enfants, elle les imagine en train de pleurer parce que leur mère leur manque, elle jurerait même les entendre.
Puis le manège s’arrête, le tour est fini, la ramenant à la réalité, mais elle entend toujours les pleurs d’enfant. Elle cherche du regard d’où cela peut bien venir et après quelques instants, elle fini par distinguer une petite forme blottie dans le noir derrière la cabine de vente des tickets.

Intriguée Lina s’approche et découvre un garçonnet d’une dizaine d’années recroquevillé sur lui-même.

« Oh petit, ça va pas ? »
L’enfant tourne son visage vers elle, et fait non de la tête.
- Qu’est-ce qui ne va pas ? Tu es perdu ?
- Non, c’est Noël Madame.
- Et bien justement tu devrais être content.
- Mais je suis arabe, Madame.
- Et alors ?
- C’est mon frère Mouloud, il dit que les arabes on doit pas fêter Noël. Avant on le faisait mais depuis qu’il est rentré, il arrête pas de donner des ordres à tout le monde et papa lui dit jamais rien.
Lina sent son cœur se serrer.
- Tu veux faire un tour de manège ?
- Oh oui madame, dit-il les yeux brillants un large sourire illuminant son visage rond.

Elle achète un ticket et aide l’enfant à monter sur un cheval de bois. Le manège démarre et à chaque tour il lui fait un petit coucou. Lina se surprend à le suivre des yeux comme si c’était le sien. Enfin le carrousel s’arrête, l’enfant descend et est en un clin d’œil à coté de Lina.

- C’est quoi ton nom, madame ? Moi c’est Aziz !
- Moi c’est Lina.
- C’est joli madame. C’est pas comme moi. Mon papa dit que c’est le plus beau prénom parce qu’il commence et finit comme l’alphabet, mais moi j’aime pas. Ça ressemble trop à zizi et à l’école ils se foutent de ma gueule en m’appelant « Aziz p’tit zizi ». Dis madame, Lina c’est arabe aussi ?
Lina sourit au flot de paroles du garçon, sa curiosité enfantine l’amuse.
- Non c’est italien. C’est le prénom de ma grand-mère.
- On fait quoi maintenant madame ?
- Je ne sais pas, et toi qu’est-ce que tu voudrais faire ?
- J’ai faim, on pourrait aller à Mc Do !
- Ca va pas être possible, je ne suis pas la banque de France. Si tu veux on peut aller goûter chez moi, j’habite à côté.
- Ok, on y va.

Instinctivement l’enfant prend la main de la femme, elle est surprise ça fait si longtemps.
Ils marchent un centaine de mètres et montent dans un vieil immeuble délabré.
Lina ouvre la porte d’un petit studio pauvrement meublé, tout est ancien et sent le meuble de récupération. Les murs sont couverts de photos de deux enfants, seuls, ensemble ou avec Lina. Une seule comporte quatre personnes, mais le quatrième, un homme, n’a plus de visage, il a été découpé. Aziz regarde les images mais n’ose pas en parler. Lina prend un air de gaieté forcée et lui demande :
- Tu veux un chocolat au lait avec des madeleines, c’est tout ce que j’ai.
- C’est super j’adore les madeleines et le chocolat.
- Ca te dérange si je mets la télé, pendant que je prépare ton goûter ?
- Oh non madame, fais comme chez toi.
- Merci, mais appelle moi Lina d’accord ?

L’enfant hoche la tête et regarde fasciné, la TV. C’est un vieux film en noir et blanc qui passe. D’habitude il n’aime pas ça, mais là l’histoire lui parle. D’abord ça se passe à Marseille et puis ça raconte les aventures de trois copains pêcheurs du vallon des Auffes qui veulent séduire des filles et qui se font passer pour les propriétaires d’une usine de sardines. Il s’ensuit tout un engambi qui tourne au pastis intégral, et le plus surprenant c’est qu’au plein milieu d’une phrase, ils se mettent à chanter.
Lina pose le bol de chocolat et les madeleines sur la table.
- C’est prêt !
- Dis mada..Euh Lina, je peux me mettre pour continuer à regarder la télé ?
- Mais bien sûr.

Elle s’assoit dans le canapé. Une fois son goûter fini, Aziz vient la rejoindre et se love naturellement contre elle. Ils se sentent bien, au chaud et à l’abri et l’optimisme naïf de l’histoire les enchante.
Arrive le final et les personnages entament l’air de la Canebière. Distraitement Lina fredonne avec les autres :
« On connaît dans chaque hémisphère
Notre Cane...Cane...Canebière
Et partout elle est populaire
Notre Cane...Cane...Canebière »
- Mais tu connais cette chanson ? s’exclame l’enfant.
- Bien sûr, c’est mon grand oncle qui l’a écrite. Vincent Scotto, le petit cousin de mon père. Et celui qui fait Toinet c’est Alibert, c’est lui qui a écrit cette histoire. Attend !
Elle se lève et va prendre un album photo.
- Tiens, regardes, c’est les fiançailles de mes parents, là c’est mon père, ma mère et là à côté d’eux Vincent Scotto et son ami Alibert.
- Et tu les connais ?
- Non, ils sont morts avant que je naisse.
- Et toi tu es célèbre aussi ?
- Non, moi je suis quelqu’un de normal.
- Pourtant tu devrais, la dame la plus gentille du monde.
- C’est toi qui es gentil.
- Dis Lina ?
- Oui !
- C’est tes neveux sur les photos ?
Le visage de la femme qui s’était épanoui se ferme.
- Non.
- C’est qui ?
- Je n’ai pas envie d’en parler.

Aziz la regarde avec ses grands yeux, on lui donnerait le bon dieu sans confession.

- C’est mes enfants.
- Et pourquoi ils sont pas ici ?
- C’est une longue histoire. Leur père est Algérien et un jour il les a emmenés en vacances et ils ne sont pas rentrés.
Une larme se met à couler sur la joue de la femme. Le garçonnet se dresse sur ses genoux et la serre dans ses bras.
- Faut pas pleurer Lina, tu les reverras tes minots.
Il l’embrasse sur les cheveux en la berçant doucement.
- Ils vont revenir, un jour. Tu sais un enfant revient toujours vers sa maman et je sais de quoi je parle. Je suis même un expert, puisque je suis un enfant.
Après un petit moment, il la lâche et descend du canapé. Il se recule et la regarde comme un peintre qui cherche quelle touche apporter à son tableau.
- Bon, mais en attendant il va falloir que tu te reprennes en main. Ma sœur Fatiha, elle dit toujours que pour qu’une femme aille mieux il faut qu’elle aille chez le coiffeur et qu’elle s’achète des nouveaux vêtements.
Tu sais quoi ? Tu n’as jamais pensé à être blonde, moi je trouve ça plus beau que brune et puis tu devrais porter des vêtements avec de la couleur. Là avec tes estrasses on voit pas que tu es belle.
- Merci monsieur le conseiller en mode, je vais y penser. Et toi qu’est-ce que tu veux faire quand tu seras grand ?
- Moi ? Je serais célèbre. Comme ça je travaillerais pas et j’aurais plein d’argent. Et j’achèterais une maison pour mes parents et j’aurais un hélicoptère et pleins de jolie filles avec moi.
Lina sourit attendrie par la résolution naïve de l’enfant. Si seulement le monde pouvait être aussi simple.
- A propos de tes parents, ils ne vont pas s’inquiéter pour toi ?
- Ca dépend quelle heure il est ?
- Déjà sept heure.
- Il va falloir que j’y aille. Mais je peux revenir une autre fois si tu veux ?
- Je ne crois pas. Je vais bientôt quitter cet appartement, ils vont refaire l’immeuble.
- Alors, adieu Madame Lina.
- Disons plutôt Au revoir Monsieur Aziz.

L’enfant remet son blouson et se dirige vers la porte.

- Attend ! s’exclame la femme. J’ai quelque chose pour toi. J’avais acheté un cadeau pour ma fille, elle doit avoir ton âge.

Elle sort un paquet cadeau du buffet.
- Tu l’ouvriras chez toi, comme ça tu auras fêté Noël.
Les yeux de l’enfant s’illuminent.
- Oh merci, merci, merci beaucoup.
Il s’accroche à son cou et lui fait une bise sonore sur chaque joue. Puis sans rien dire met le paquet sous son bras et sort.

Lina s’assied sur le canapé. C’est vrai ce qu’il a dit. Il est temps qu’elle tourne la page. Après tout, qu’elle le veuille ou non elle est divorcée et ses enfants sont loin. Et ce n’est pas en se laissant dépérir que les choses s’amélioreront.
Blonde, pourquoi pas, elle aimait bien ça avant de rencontrer son mari. Ça lui plaisait à lui aussi avant leur mariage et puis c’est lui qui avait exigé qu’elle redevienne brune. Comme pour les vêtements c’est lui qui avait voulu qu’elle se cache dans des choses informes et tristes. C’est décidé, elle va redevenir blonde et s’acheter ce petit top léopard avec la mini jupe violette qu’elle a vu l’autre jour.
En plus ça plaira certainement à Antoine, son amoureux/ami d’enfance qui va revenir le mois prochain. S’il n’était pas devenu cuistot sur un bateau c’est sûr qu’il aurait fini par l’épouser. Elle se prend à songer, Antoine qui rêvait de s’acheter une boulangerie. Pourquoi pas après tout, Madame la boulangère Lina Benedetti, ça sonne bien.

Dans la rue Aziz se dirige vers l’arrêt du bus pour rentrer chez lui. Il va falloir qu’il cache son cadeau dans la cave s’il ne veut pas se faire engueuler par Mouloud. Il monte dans le bus et se trouve une place assise en face d’une mamé. N’y tenant plus il ouvre le paquet. C’est une machine à écrire jouet. Elle est rose malheureusement, mais bon après tout c’est un jouet de fille. Il regarde les touches et se surprend que les lettres ne soient pas dans l’ordre alphabétique.
La première ligne sous les chiffres attire son regard : AZERTYUIOP.
Azer Tyuiop ca c’est un vrai nom de célébrité, c’est autre chose qu’Aziz.
Oui, c’est ça !
Quand il sera grand il s’appellera Azer Tyuiop.

mercredi 20 juin 2007

Procrastination

Procrastination

mardi 2 janvier 2007

Mexico Valdez Entre en scéne

Et c'est comme ça.

J'ai un autre blog, celui du gentil garçon.

Mexico Valdez c'est aussi moi en sombre. Je ne vous parlerais pas de l'autre crétin car vraiment parfois il m'emmerde avec sa gentillesse.

"Et dit bonjour a la dame," et "ne met pas tes doigts dans ton nez" etc..

CONNARD,

Tu les laisses te bouffer.

Alors ici les régles sont simples. Je fais ce que je veux et je t'emmerde.