Mexico Valdez

Est un salaud ! Et alors ?

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mardi 14 août 2007

La Fougasse

Je descends la rue du vallon des Auffes, pour aller acheter une fougasse.
La boulangerie Benedetti se trouve dans un petit recoin derrière le port. C'est une toute petite boutique qui n'a pas été ravalée depuis des années. Elle ne peut pas contenir plus de cinq clients en période d'affluence.
Par contre on y trouve un pain et des spécialités délicieuses. J'aime bien cet endroit, la patronne, en bonne commerçante, m'accueille toujours avec un regard bienveillant, un sourire charmant et un « bonjour » qui me donnent l'impression qu'elle s'intéresse à moi.

J'affectionne cette boutique, et son odeur de pain. Mon péché mignon, ce sont les fougasses provençales sans pareil. Elles sont toutes fabuleuses, aussi bien celles au roquefort que celle aux lardons, quant à celle à la frita[1] c’est ma préférée. Ils font aussi des Coca[2] délicieuses qui me rappellent celles que faisait mon grand-père dans mon enfance.
J'aime bien y passer le soir juste avant la fermeture, comme je suis le dernier client j'en profite pour échanger quelques mots avec Mme Benedetti.

La boulangère est le prototype de la cagole[3] cinquantenaire en lutte contre l'âge qui avance. Elle a dû être une jolie jeune fille autrefois, mais maintenant elle atteint un pathétique qui m'attendrit. Ses cheveux blonds décolorés sont toujours maintenus dans un brushing impeccable, malheureusement ses efforts capillaires sont trahis par ses racines qui, quoiqu'elle fasse, restent toujours grise sur les deux premiers centimètres.
Son goût vestimentaire est très sûr. Elle porte en permanence une minijupe et un haut moulants dans les couleurs les plus criardes possibles ou, summum de l'élégance, en imprimé léopard. Elle a un beau visage de méditerranéenne agrémenté de grands yeux bleus, d'un nez réguliers et d'une bouche gourmande, un air de beauté italienne que les rides commence à marquer. Autre point commun avec toutes les Sophia, Gina et Monica c'est une poitrine opulente et une croupe rebondie. Malheureusement le manque d'exercice, l'âge, les abus alimentaires et les maternités l’on dotés d'un petit bedon qui s'il n'est pas encore gênant commencent à marquer sa silhouette. Son maquillage et bien sûr à l'avenant et la profondeur de son décolleté fait que la clientèle masculine, celle qui lui demande toujours d'aller chercher au fond de la vitrine, n'ignore pas qu'elle ne porte pas de soutien-gorge.

Quand j'entre dans la boutique, il est déjà 19 h 30. Les stores sur les portes et les vitrines sont déjà baissés et je suis le dernier client. Je demande à Mme Benedetti une fougasse roquefort qu'elle enveloppe dans un papier avant de la poser sur le comptoir. Elle me demande, comme d'usage, si je ne désire pas autre chose.
Les religieuses dans la vitrine qui nous sépare ont l'air appétissante avec leurs ventres rebondis, leurs glaçages chocolat et leurs volutes de crème Chantilly.
L'avenante commerçante se penche dans son étalage pour en saisir une. Emporté par l'élan de sa propriétaire, un nichon jaillis du décolleté pour aller s'écraser dans les choux à la crème.

Surprise par son débordement mammaire, elle se redresse brusquement, ce qui a pour résultat d'envoyer le second néné rejoindre son compagnon hors du corsage. Elle se tient là, devant moi, rougissante comme une jeune fille, et nous restons quelques secondes face à face hébétée sans rien dire.
Ne sachant que faire, je lui adresse un sourire gêné qu'elle me rend, puis dans un mouvement réflexe elle débarbouille son sein de la chantilly avec son index qu'elle porte à sa bouche et qu'elle lèche distraitement. Se rendant compte de la situation elle s'arrête et rougie derechef.

Ne sachant toujours que dire et pour détendre l'atmosphère, je déclare la première chose qui me passe par la tête :
- Ça a l'air vraiment appétissant !
- Vous voulez goûter ? dit-elle, en me lançant un regard de défi amusé.
Je lui souris et m'avance vers elle.
Je saisis à pleine main son sein Chantilly que je me met à lécher consciencieusement.
Pour ne pas faire de jaloux, mon autre main va s'occuper de son jumeau.
Son odeur de femmes m'enivre et nous restons quelques instants dans cette position. Son souffle devient court et ma pensée s'arrête totalement, ça fait tellement longtemps que je n'ai pas vu, ni encore moins touché une poitrine. Surtout une de cette taille, mon ex-épouse et mes copines lesbiennes ne concourant pas dans la catégorie vache laitière.
Au bout d'un moment, ma main gauche descend explorer sa contrée septentrionale : pas de doute c'est une zone tropicale humide, chaude et accueillante.

Je passe alors derrière elle, et j'envoie mon corps expéditionnaire découvrire ces nouveaux territoires dans la formation dite « de la levrette ». Nous sommes tellement excités que l'orgasme arrive rapidement, intensément et bruyamment. Je reste comme anéanti par la fulgurance de la sensation. Cela fait au moins deux ans que je n'ai pas fait l'amour, et bien des années que je n'ai pas pris un tel pied.

Nous nous rajustons sans parler, un peu gênés, ne sachant que dire. Alors que nous n'osons pas nous regarder et qu'un silence pesant menace de s'installer, un client entre.
La boulangère me tend ma fougasse et me dit :
- Et avec ça M. Valdez se sera tout ?
- Ce sera tout pour aujourd'hui Mme Benedetti.
- N'hésitez pas à repasser vous êtes le bienvenu, me dit-elle avec un large sourire.
- Je n'y manquerai pas, la maison est particulièrement accueillante et c'est quelque chose que j'apprécie beaucoup.
Je sors en saluant le papy qui ne doit pas être dupe de nos amabilités.
Alors que je remonte chez moi ont dévorant ma fougasse, je suis submergé par l'idée que tout compte fait, la vie c'est pas si mal !

Notes

[1] La frita est une sorte de ratatouille, composée de tomates, de poivrons verts et d'ail (en tout cas dans ma famille, certains déviationnistes remplacent l'ail par de l'oigon, mais c'est bien moins bon.)

[2] Chaussons frits a la Frita, plus c'est gras meilleur c'est !

[3] Fille ou femme à l'allure vulgaire.

mercredi 28 mars 2007

Le vallon des Auffes

Je rentre chez moi, rue du vallon des Auffes, ça fait plusieurs jours que je n'y ai pas mis les pieds. Pour l'instant, ce que je dois faire ce soir passe au second plan. J'ai sommeil, j'ai faim et j'ai besoin de me laver.

Le vallon des Auffes est une de ces curiosités typiquement marseillaises. Il s'agit d'un petit port de pêche située dans une calanque naturelle à l'intérieur même de la ville. La vue sur la mer, est barrée par le pont de l'avenue Kennedy qui en même temps protège son intimité. On y accède par un escalier et en quelques secondes on change de monde. C’est un petit village de pêcheurs provençal, tout droit sorti d'une carte postale ou d'un bouquin de Pagnol. C'est ici que se trouve le célèbre restaurant de Fonfon, où l'on mange la meilleure bouillabaisse du monde. En tout cas pour les touristes ; car j'en connais plusieurs qui seraient prêts à vous assassiner si vous osiez dire qu'il est de meilleure bouillabaisse que celle de leur famille.

C'est dans ce paysage de cartes postales que j'habite depuis quelques mois. On peut dire que sur ce coup j'ai eu la chance. Le vallon, comme certains autres lieux stratégiques de Marseille, s'habite sur cooptation. Les maisons et les appartements ne sont vendus ou loués qu'à des gens de confiance. Dans mon cas, je dois ma maison à mes copines Carmen et Nadia et aussi à la bonne impression que j'ai fait à Mme Scali, la propriétaire des lieux.
Les filles cherchaient un endroit plus grand pour abriter l'atelier de Carmen, Mme Scali en possédait justement un qui venait de se libérer un peu plus haut dans la rue, mais hésitait à le leur louer. Non pas qu'elle n'avait pas confiance, mais elle ne trouvait pas de locataires à son goût pour la petite maison. C'est une vieille marseillaise, qui se désole de voir sa ville envahie par des « estrangés de paris ». Mes origines, et ma situation d'homme abandonné par une sartan qui avait décidé de suivre un nordique chez lui[1] en emmenant ses enfants, avaient immédiatement attiré sa sympathie. Elle m'avait fait promettre de lui amener mes fils régulièrement, car ses propres petits-enfants lui manquaient beaucoup.

Mon « cabanon », est invisible de la rue. Alors que vous remontez la rue du vallon des Auffes, vous trouvez entre certaines maisons des petits passages de la largeur d'un homme, comme si les propriétaires des maisons enclins à une rabia toute marseillaise s'étaient refusés à coller leurs murs mitoyennement. Au fond du passage, il y a généralement une porte métallique, la mienne est verte comme une porte de transformateurs électriques. Quand on l'ouvre, on débouche sur une petite cour cimentée au fond de laquelle se trouve une petite maison deux-pièces comprenant une chambre avec un réduit WC / douche et une pièce à vivre avec un recoin cuisine. À l'entrée de la cour mais séparée de la maison, il y a une autre pièce qui servait autrefois de débarras et que les filles ont aménagée en bureau. C'est là que j'entrepose les vestiges de la vie du gentil garçon. Autre fait appréciable, la cour est ensoleillée et il n'y a pas de vis-à-vis. C'est d'ailleurs pour ça que les filles ont conservé les clés pour pouvoir profiter du « solarium ».

Quand je rentre chez moi, il n'y a personne. Je tire le volet de la chambre et tombe dans le lit. Aussitôt je sombre dans un sommeil sans rêves. C'est la faim qui me réveille, un rapide coup d'oeil à ma tocante m'apprend qu'il est déjà 18 heures passées. Je me lève à la recherche d'une quelconque nourriture, malheureusement les placards sont aussi vides que l'étaient ceux de Christophe. Je trouve une boîte familiale de raviolis que j'ouvre et que je mange avec les doigts directement à même la boite sans même les faire réchauffer.

Dés mon appétit provisoirement calmé, mon odorat se rétablit et me fait ressentir l'agression de la puanteur qui est la mienne. Je sens la transpiration, la saleté, le vomi, et d'autres remugles indéfinissables. Un rapide examen dans la glace montre que je ressemble plus à un tas d'ordures qu'à un être humain.

Je me déshabille rapidement et j'entre dans la douche. Je commence par le robinet d'eau froide, l'eau me brûle la peau tout en me faisant grelotter. Je reste ainsi une minute ou deux avant de tourner le robinet d'eau chaude. Peu à peu la température du jet augmente jusqu'à me brûler. Je reste un long moment sans bouger, puis n'y tenant plus, j'équilibre les débits pour avoir de l'eau tiède.

Cette douche sado maso, est devenu une sorte de rituel de mortification. Quand je suis à jeun au réveil, c’est le seul moyen que j'ai trouvé pour me sentir vivant...

Quand je sors de la douche, je décide d'aller faire quelques courses. Comme je n'ai pas envie d'aller très loin, je me contenterai d'aller jusqu'à la boulangerie qui est à deux pas de chez moi.

Alors que je m'habille, je ne peux pas m'empêcher de penser que la situation est pour le moins cocasse. Qu’y a-t-il de plus dérisoire, que de penser à faire les commissions alors que demain matin je serais probablement mort.

Notes

[1] en fait jusqu'à Besançon, mais pour les provençaux le nord c’est Avignon, et on commence à trouver des pingouins à partir de Lyon.

vendredi 23 février 2007

Fatalitas

Sur le pas de la porte se tiens Azer, l'homme a tout faire de Omar.

Il a sur son visage son sourire des dimanches, celui qui faisait craquer la juge des mineurs quand il faisait des conneries. C'est vrai qu'avec sa bille ronde et ses grands yeux, on lui donnerait le bon dieu sans confession.

Je jette un coup d'oeil par dessus son épaule pour m'assurer qu'il est seul et je le tire par le colback pour le faire rentrer rapidement, tout en claquant la porte.

Le chantage n'est pas son genre, mais la mort de son patron a dû lui donner des idées. Je le regarde d'un air mauvais et je lui dis :

- Qu'est-ce que tu veux ?
- Je viens voir le patron !
- Quel patron ?

Interloqué par sa réponse je desserre mon étreinte. Il en profite pour se diriger vers le salon ou se trouve Christophe.
Je lui emboîte le pas.

Christophe est resté debout au milieu de la pièce.
Azer s'approche de lui et le salut d'un retentissant "Bonjour Patron !".

Chris me jette un regard perplexe auquel je répond de même. Sa jambe comme douée d'une vie propre repart pour un tour de Polka. Azer au courant pour sa sclérose en plaque lui dit d'un ton prévenant :

- Assied-toi Patron, tu vas te péter la gueule.
- Mais, Mais. Bredouille Christophe.

Joignant le geste à la parole il pousse doucement mon pote dans le canapé, puis s'assied dans mon fauteuil.
Il met la main dans la poche de son blouson et en sort une jolie liasse de billet qu'il pose sur la table basse entre les cadavres de bouteilles et les paquets de chips vides.

- Voilà Patron, c'est la recette du jour.

Christophe ayant repris ses esprits et le contrôle de sa guibolle réussis à formuler la question qui n'arrive pas à traverser le cloaque alcoolisé qu'est mon cerveau.

"Azer, pourquoi tu m'appelles patron et c'est quoi ce pognon ?
Tu t'es mis avec les flics et tu veux me faire tomber pour les conneries de l'autre abrutis."
L'autre abrutis n'en mène pas large à ce moment. Pas pour moi, j'ai fait une connerie et j'assume, mais pour le handicapé [1].

Azer le regarde incrédule et se tourne vers moi cherchant à comprendre ce qui lui échappe, puis son fameux sourire refait surface.

"Vous me faites marcher ? Hein ? Ou alors c'est que vous ne voulez pas me garder... Vous savez, moi, Omar je l'aimais pas trop. Toujours prêt à l'engatse[2], et puis je lui avais dit de pas s'en prendre à M. Christophe, mais il écoutait personne ce con."
Sur cette phrase définitive il se tait certain d'avoir apporté une preuve de sa bonne foi.

Je décide de prendre les choses en main. Azer n'as pas inventé la poudre, mais à sa manière c'est un honnête garçon.

- Azer, dit nous pourquoi tu appelles Christophe Patron ?
- Mais c'est c'est toi qui a dit que c'est Christophe le patron !
- Mais quand ça ?
- Au Kebab Hier soir, tu as dit "Le patron c'est Christophe, pas toi connard !" et tu as tiré.
- Tu étais la ?
- Je sortais des chiottes, sur le coup j'ai eu peur alors je suis resté dans mon coin. Puis avant que les flics arrivent je me suis esbigné. Après j'ai regardé la télé et ils en ont parlé aux informations et le flic a dit que c'était la guerre des gangs. Heureusement parce que moi, con comme je suis, je croyais juste que tu l'avais tué parce qu'il avait tabassé M. Christophe. Alors, ce matin j'ai été voir les gars de l'organisation[3] et je leur ai dit que M. Christophe avait repris les affaires familiales et que le plus simple c'était de rien changer à part celui qui donne les ordres. Le gros Kader voulait venger Omar, mais je lui ais bien expliqué qui était le père de M. Christophe et que si c'était la guerre des gangs, vous deviez avoir le soutien de ses amis et qu'à jouer au con il risquait surtout de rejoindre le turc. Alors, pour vous montrer leur bonne volonté il m'ont donné le pognon pour que je te l'apporte Patron.

Christophe se prend la tête entre les mains.
- Mais c'est pas vrai, dites moi que je rêve, DITES MOI QUE JE REVE.
Puis il s'affaisse comme abattu. Azer se méprend sur sa réaction et croit bon d'ajouter :
- Mais Patron ils ont tout donné tu sais. Nous on est des petits on gagne pas tant que ça, mais maintenant que c'est toi le Patron les affaires vont se développer.

Il se tourne vers moi.
- Mexico dit lui que je suis un gars réglo, j'ai pas touché au pognon tout est là. Mexico tu es mon ami, je t'aime bien tu sais, tu vas pas me buter. J'ai pas pris de pognon et puis le turc je l'aimais pas...
Sa voix se brise en sanglot et il se met à pleurer en geignant qu'il ne veut pas mourir.

Ses larmes sont communicatives, car Chris se met à sangloter lui aussi tout en répétant "dites moi que je rêve, dites moi que je rêve..."

Je regarde un moment ce spectacle émouvant de deux mecs qui pleurent l'un parce qu'il a peur de mourir et l'autre parce qu'il aimerait bien être mort.

J'ai besoin de m'éclaircir les idées, alors je me choppe la bouteille de rhum et j'en bois goulûment un bon quart avant de la reposer. Mon gosier prend feu et mon corps tremble, mais mon esprit s'éclaircis. J'entrevois le début d'une idée, mais d'abord je dois calmer mes rénaïres[4].
- Messieur on se calme, personne ne vas mourir et je sais ce qu'on va faire.

Leurs deux visages se tournent vers moi les yeux pleins d'espoir. Et moi je me dis à ce moment que j'aurais mieux fait de me taire.

Notes

[1] il a horreur qu'on l'appelle comme ça.

[2] Ca c'est du marseillais.

[3] Azer est un peu mytho et les 3 ou 4 traînes lattes du turc sont pour lui une organisation criminelle

[4] pleureurs

samedi 10 février 2007

Le réveil de Christophe

"Oh, oh réveil"
Christophe me secoue.
Je me suis endormis dans le fauteuil en face de la télé. Ma tête me fait mal, et ma bouche à comme un relent de vomit. J'ouvre les yeux et c'est pire. La lumière m'éblouis.

"Putain Chris, un peu de délicatesse"

Je me lève et tout tourne. Je retombe dans le fauteuil.

"Non la ça vas pas, il faut soigner le mal par le mal, il te reste du whisky ?
- Y'en avais hier soir, mais on a tout sifflé.
- T'as rien d'autre ?
- Un reste de rhum.
- Ca fera l'affaire"
J'avale une rasade, mon estomac se tord comme s'il voulait quitter mon corps, et le goût de degueulis dans ma bouche se renforce. J'attends une minute et les choses se remettent plutôt en place.
"Il est quelle heure,
- Midi
- Merde, déjà ! T'as de quoi bouffer ?
- Ben non !"

Bon je mangerais plus tard. Je pue, ça fait au moins trois jours que je ne me suis pas lavé. Si le gentil garçon me voyais.
J'allume la télé, c'est les informations qui ronronnent leur flot de mauvaises nouvelles.
Tout d'un coup le présentateur annonce une nouvelle qui réussi a atteindre mon cerveaux.

"Et maintenant Marseille. Peut être le début d'une nouvelle guerre des gangs !
Hier soir, dans un restaurant Omar Heyfred, bien connus des services de police, s'est fait abattre d'une balle en pleine tête.
D'après le syndicat "Police Devoir", il s'agit bien d'une exécution perpétrée par un professionnel."
Suit une interview d'une sorte d'obèse blondasse abièré qui explique comment tout était tellement préparé que "C'est sur ! C'est le début d'une guerre des gangs ...".

Christophe me regarde et souris, "C'est bien fait pour ce con !
- Dit pas ça, après ce qui s'est passé hier soir, les flics vont débarquer et nous faire chier.
- Ouais, mais on a passé la soirée ici...
- Toi oui, mais pas moi."

Il me regarde et son sourire tuméfié se fige.
"Mais t'es niais en plein ! C'est pas possible. Mais y'a quelque chose dans ta tête ?
Un tic nerveux fait trembler sa jambe. C'est son point faible depuis sa sclérose en plaque."

Il me dévisage consterné comme s'il me voyait pour la première fois.
"Tu avais salement morflé, et sur le coup j'ai pas réfléchis. C'est comme pour les moustiques. Ils t'emmerdent et tu les tues sans réfléchir plus loin.
- Mais combien de fois je t'ai dit que je ne voulais pas avoir de rapports avec la vie de mon père ?
COMBIEN DE FOIS JE TE L'AI DIT !!"

C'est le moment que choisis ma gueule de bois pour repasser à l'attaque et sa voix résonne douloureusement dans mon crane.
"OK, OK j'ai fait une connerie et maintenant que je suis clean, je m'en rends compte, mais c'est trop tard"
Chris ouvre la bouche, mais aucun son n'en sort.
La sonnette résonne.
DRING DRING, DRING DRING, DRING DRING, DRING DRING !

Je pense "Merde les flics" et le regard de Christophe me confirme qu'il pense comme moi.

Nous restons sans bouger un moment, puis j'ouvre la porte...

mardi 23 janvier 2007

Christophe

J'avais rencontré Christophe à la soirée d'anniversaire de Nadia.
Ce qui nous avait rapproché de prime abord, mis à part notre amitié avec Nadia, c'est le fait d'être des hommes.
Nadia était lesbienne et bien qu'elle ne le cache pas, elle ne l'affichait pas non plus ostensiblement. Elle n'était pas de ces gouines militantes pour qui leur sexualité devenaient un combat politique (de gauche sectaire bien sur).

J'avais été invité par sa compagne Carmen qui m'accueillis joyeusement quand j'arrivais au local.

Elle me présenta rapidement à l'assistance et il me fallut quelques minutes pour me rendre compte j'étais le seul garçon.

Prenant la chose avec philosophie je décidais de consacrer ma soirée à la boisson, la conversation et toute substance euphorisante qui passeraient à portée.

J'étais déjà bien déchiré quant Christophe arrivât.
Notre singularité dans un tel environnement nous poussa à engager la conversation.

Dans un cas comme ça on commence par raconter ce qu'on a fait dans sa vie et c'est comme ça que Christophe me parla de sa carrière automobile.
Il avait été dans les années 70 un pilote de Kart puis de F3 prometteur. Il avait même participé aux 24 H du man. Après ça il avait vécu la folle aventure des boutiques de micro-informatique au moment ou les entreprises s'étaient mises à acheter massivement des PC. Moi j'avais été fan de sports mécanique et j'avais comme lui été dans l'informatique. Nous étions tous les deux divorcés et empêchés de voir nos enfants.

Comme Montaigne et la Boétie, nous nous reconnaissions sans nous connaitre.

Nous passâme le reste de la soirée parler de nos souvenirs d'anciens combatants, a picoler et a rire comme des abrutis aux vannes de l'assistance.

A un moment Marie-Laure, une sympathique skinhead ex-bouddhiste, lançât même un retentissant, "Hé les filles, on n'a vraiment pas de chance on a que deux mec et on les a rendus PD" qui déclanchât un grand éclat de rire.

vendredi 12 janvier 2007

La premiére fois

On a tous commencés un jour...

C'était au début des années 2000, à cette époque le gentil garçon allais mal.
Sa femme l'avait quitté, il avait perdu son boulot.
Il buvait sec et traînais avec des gens pas recommandables.

Ses nouveaux amis le connaissais sous le nom de Mexico Valdez. Pourquoi ce nom, je ne sais pas probablement pour se fuir ou pour être un autre.

A cette époque, je traînais dans les bistrots à Marseille. L'alcool et le shit me tenaient lieu de pensée.

Je m'étais lié avec Christophe, un gentil gars, quelqu'un de bien. Un seul défaut aux yeux des honnêtes gens ; son père avait été un des parrains de Marseille dans les années 70.

L'ivresse m'aidais à oublier que j'étais encore vivant.

Un soir ou nous devions aller voir un concert de Barrio Chino, je trouvais Christophe amoché la gueule en sang sur le trottoir devant chez lui.

Après que je l'ai amené chez lui il m'expliqua que c'était une mauvaise embrouille avec le turc. Le turc c'était notre dealer, comme il fournissait le fils d'une légende ses chevilles avaient enflé et il se prenait pour un caïd.
Après 3 whisky et 2 joints, je décidais que les choses ne pouvaient pas se passer comme ça.
Chris m'avait montré où il planquait les armes de son pére. J'allais a la cache et je pris un beretta, j'avais appris à m'en servir à l'armée et j'étais certain de savoir l'utiliser.

Le turc passais ses début de soirée dans un kebab de la place Jean Jaures. Il était assis au fond de la salle à sa place habituelle, juste en face de la télé qui passait Al-Jazira.
Je me souviens bien de son sourire crétin et suffisant en me reconnaissant.
Le reste est comme dans un rêve.
Je me vois l'approcher, je suis à 2 métres de lui. Je sors de ma poche ma main avec le flingue au bout.
Je m'entens dire "Le patron c'est Christophe, pas toi connard !".
Puis sa tête explose. Je vois les choses au ralenti. Une tâche d'une bouillie gris rose apparais sur le carrelage du mur. Il n'a plus d'oeil droit, ni de front d'ailleurs.
Je fais demi tours, le patron derrière son comptoir me regarde hagard. Il me connait bien, je mange chez lui un midi sur deux.
Je m'entens lui dire "tu ne me connais pas" et je sors.
Dehors l'air plus frais bat mon visage. Je marche dans la rue et je me sens bien. Je me sens bien, je ne me suis pas sentis aussi bien depuis des années.
Je réalise que je viens de tuer, mais je m'en sens soulagé.

Je rentre chez Christophe, mon flingue à la main. Il dort sur le canapé. J'allume la télé et je me roule un joint.

Bonne journée tout compte fait.